Le blog est mort ! La création de contenu est obsolète. Ce n’est pas une métaphore et ça ne va pas me manquer. Les humains ont eu l'occasion de prouver qu'ils étaient capables d'autre chose que de se complaire dans l'enshitification depuis 20 ans. Pendant longtemps, créer du contenu avait du sens. On écrivait pour expliquer. On publiait pour transmettre quelque chose qui n’existait pas ailleurs. Ce monde-là n’existe plus. Aujourd’hui, tout le monde “produit”. Tout le temps. Souvent sans savoir pourquoi. Le problème n’est pas la qualité. Le problème, c’est l’automatisme. Quand publier devient un réflexe, la valeur disparaît. Le vrai mensonge du marketing moderne On t’a fait croire qu’il fallait être visible. Présent. Régulier. Prévisible. Alors tu t’es retrouvé avec un calendrier, des formats, des deadlines… et de moins en moins de choses réellement importantes à dire. Il faut créer du contenu SEO pour nourrir les algorithmes. On s'en fout du client. Du moment que c'est pas cher et que ça "fait le job". La majorité des contenus actuels ne sont pas mauvais. Ils sont inutiles. Ils remplissent. Ils rassurent. Ils occupent l'espace. La valeur ne se crée pas. Elle se reconnaît. La valeur n’apparaît pas quand tu publies davantage. Elle apparaît quand tu assumes quelque chose. Un choix. Un refus. Une ligne que tu ne franchiras pas. Parfois, ne rien dire est déjà une prise de position. Parfois, disparaître vaut mieux que de publier un énième post “utile”. Ce qui remplace vraiment la création de contenu Il ne s’agit pas de trouver de nouveaux formats. Il s’agit de changer de posture. Voici ce qui fonctionne encore. Et surtout, ce qui résiste. 1. Le Value Signaling Arrêter d’expliquer. Arrêter de justifier. Laisser les décisions parler. Refuser certains partenariats. Ne pas être partout. Publier peu. Mais quand ça compte. La valeur réside souvent dans ce que tu ne fais pas. Et ceux qui savent le voient très bien. 2. Le Worldbuilding éditorial Les discours convainquent mal. Les mondes, eux, attirent. Un langage qui n’est pas pour tout le monde. Des références qu’on ne comprend pas tout de suite. Une cohérence qui se dévoile avec le temps. On n’adhère pas. On entre. 3. Montrer comment tu décides Les résultats impressionnent peu. Ils arrivent toujours trop tard. Ce qui compte, c’est le raisonnement. Les arbitrages. Les renoncements. Montrer ce que tu n’as pas fait est souvent plus intéressant que ce que tu as réussi. 4. Le refus comme structure Dire non. Et l’assumer publiquement. Pourquoi tu ne fais pas de funnel. Pourquoi tu ignores certaines métriques. Pourquoi tu refuses la viralité à tout prix. Le refus clarifie. Il pose des frontières. 5. L’autorité par le silence Parler moins n’est pas un manque. C’est un choix. Quand tout le monde commente tout, le silence devient un signal fort. Des prises de parole rares. Denses. À contretemps. 6. Faire vivre, pas expliquer Certains messages ne passent pas par des mots. Un live sans annonce. Un événement qui n’existe qu’une fois. Un accès qui disparaît. Ce n’est pas du contenu. C’est une expérience. 7. Détourner les codes Utiliser les outils du marketing pour montrer leurs limites. Employer des formats mainstream pour y insérer autre chose. Pas pour suivre une tendance. Pour la fissurer. 8. Organiser le sens Publier souvent est facile. Publier juste est difficile. Chaque élément doit renforcer quelque chose. Sinon, il affaiblit le reste. Même le silence construit. 9. Transformer la publication en rituel Quand tu publies. Pourquoi tu publies. Pour qui. Un rythme reconnaissable. Un cadre implicite. Le contenu cesse d’être un objet. Il devient un moment. 10. Extraire, au lieu de produire Rien n’a besoin d’être inventé. La matière est déjà là : une discussion, un conflit, une décision inconfortable. Ton travail n’est pas de produire davantage, mais de figer ce qui mérite de rester. Le calendrier éditorial est devenu un piège Ces logiques ne s'inscrivent pas dans des cases hebdomadaires. Elles ont besoin d’un autre centre de gravité. Cela s'appelle une Newsroom. Un endroit où tout converge. Où les prises de position, les silences et les moments clés sont organisés. Pas pour publier plus. Pour publier mieux. Et parfois, pour ne pas publier du tout. Pour finir, sans détour Si tu veux créer du contenu, il y a déjà trop de gens qui le font. Si tu veux construire de la valeur, il va falloir accepter une chose simple : tout le monde ne doit pas comprendre, et surtout, tout le monde ne doit pas rester. La création de contenu est morte. Ce qui suit est plus exigeant. Et beaucoup plus intéressant.